Fojnica
Lundi 16 juin, on a quitté la grandville pour la campagne. Fojnica est une réplique de Sarajevo. Entourée par les montagnes. La route qui y mène ne va pas plus loin. Au bout, un lac. Mais on y trouve une station thermale, réputée dans les Balkans qui propose des séjours et des soins. C’est une organisation publique couplée à une agence privée qui compte prochainement ouvrir son parc aquatique et son complexe hôtelier. Enervant d’un point de vue franchouillard alter mondialiste, opportunité d’un point de vue développement économique d’une ville anciennement industrialisée puis détruite pendant la guerre.
Ici la césure ethnique est plus profonde qu’à Sarajevo. En premier lieu, au premier regard, tout est normal. Mais après discussion avec le salarié de l’ONG, bosnien, on se rend compte que la division est nette. Tout le monde marche dans les mêmes rues mais chaque « nationalité » a son quartier, ses écoles, ses cafés. La guerre, trop récente, a laissé trop de rancœur et de mauvaise fierté. En tant que personne extérieure, ça paraît absurde, mais n’oublions pas que les corses ont toujours des kalachnikovs en médaillons, les bretons et les normands se disputent le Mont Saint Michel et on vient juste de se rendre compte que les habitants du Nord ont un service postal. Donc le régionalisme, à long terme, se vend sur des étiquettes de produits de consommation, à court terme c’est plus compliqué. Lundi soir, les croates, fiers de leur victoire au foot, criaient dans les rues, provoquant les bosniaques. L’imam a répondu du haut de son parleur par un charabia de dieu sait quoi. Ces bruits donnaient une sensation étrange, à la croisée de plusieurs époques.
Les étrangers sont accueillis très chaleureusement. Malgré la barrière de la langue, on a des contacts toujours agréables avec les gens. Et vla que je t’offre un café, un jus ou une poire.
Après quelques nuits chez une dame qui a poussé le principe de l’hospitalité à son extrême (elle nous accompagnait pas aux toilettes mais presque), on a trouvé un appartement indépendant et spacieux.
Je viens de croquer dans un carré de chocolat en ayant déjà le goût du chocolat noir à la bouche, mais la déception est grande, c’est du factice, ça ressemble plutôt à du vieux chocolat coupé à la pomme de terre. D’ailleurs en parlant de patates, je confirme mes hypothèses quant à la base de la nourriture d’ici, c’est bien les patates, présentes dans tous les jardins. Il y aussi beaucoup de pain et de nourriture à base de pâtes feuilletées, même si le blé est peu cultivé en bosnie. Et on y cultive et on y mange aussi du chou !