Pétrole et dollards
Je suis allée faire des prélèvements à Atyrau, ville située au nord de la mer Caspienne, dans le grand ouest kazakh. La région d'Atyrau est réputée par de là les frontières pour ses richesses pétrolières. Heureusement là bas on ne croise pas de GI américains, mais la ville est envahie depuis quelques années par tout un tas d'étrangers convoitant le sous-sol kazakh. A part la ville, la région n'est que steppes, plat pays sans blé au printemps, avec comme seul relief les grues pétrolifères. De grandes étendues blanches parsèment les plaines, vestiges des anciennes exploitations pétrolières abandonnées. L'eau salée du sous-sol est remontée et a laissé de grandes marres asséchées, terres stériles salées, jonchées de cadavres métalliques.
On y trouve tout de même quelques villages dispersés et des animaux pâturant. Chevaux, moutons et chameaux. Une des fermes que nous avons visitées, a ses pâturages ente deux exploitations de pétrole. Il y a du surpâturage également! Pour les agronomes environnementalistes, c'est un grave problème! Illustration de l'érosion éolienne, le vent chasse la terre nue, de grands nuages de poussières se déplacent et donnent un peu de relief au paysage. Le problème c'est que le vent entraîne aussi mes métaux lourds et les dispersent partout, je m'y retrouve plus.
L'autre ferme visitée est une sorte de coopérative. Les chameaux de plusieurs familles sont regroupés en un troupeau qui est gardé par une famille de bergers. Ils habitent dans des yourtes sur les lieux de pâturages au printemps/été, puis vont sur les pâturages d'hiver. On est allé boire un coup de shubat sous la yourte. Puis on a empoché notre lait, compléments alimentaires et quelques plantes avant de repartir dormir chez le chef de la coopérative. Celle ci est la renaissance d'un ancien sovkhoze, elle emploie 300 personnes, bergers, agriculteurs, agronomes, machinistes, transporteurs. Elle assure approvisionnement en intrant et salaire.
Chez le chef on a mangé pour dix et dix fois en une journée! La crème faite maison ressemble à de la glace à la vanille et se mange comme du beurre à la petite cuillère! Ils nous ont raconté qu'ils ont essayé de faire du fromage avec du lait de chameau, mais le résultat n'a pas convaincu.
Pour aller là bas il nous a fallu deux jours aller en train et deux jours retour! Quatre jours pour regarder la steppes dfilée par la fenêtre....
Dans le train, c'est comme à la loterie, soit tu tombes avec les bonhommes qui enchaînent les bières ou la vodka pour mieux ronfler et relarguer des relents d'alcool, soit avec la petite vieille, bavarde, qui occupe la conversation du petit matin jusqu'à la nuit. Puis comme une rengaine, à chaque arrêt, une petite armée de mamas kazakhs poussant des landaus ou portant des plateaux et criant marojnie, monti, liepochki, boulietki, marojnie, iabloka, monti...(glace, galette, boulettes de viande, pommes...)