la vie à Tana
Je suis toujours à Tana, que je découvre petit à petit, je commence à m’habituer aux regards amusés des malgaches, et à leurs demandes insistantes d’argent ou de petit lait. Mon cœur s’endurcit de jour en jour, maintenant je réponds par un non désobligeant à tous les gosses qui mendient. Sinon on a fait les marchés et les resto de Tana, les premiers ressemblent d’assez près aux puces de paris avec son lot de pièces détachées, de fringues moches et de chaussures nike à 3 euros la paire. Les marchés alimentaires sont plus typiques, il y les échoppes avec quelques fruit ou quelques légumes (d’ailleurs j’ai découvert la patate douce sorte de patate immense et difforme au goût d’artichaut, le manioc, les brèdes) et entre ces échoppes, on trouve de nombreux vendeurs avec 3 tomates ou 2 litchis qui essayent de te refiler tout leur stock d’un coup. Tout le long des routes on trouve des hotely sortes de petites gargotes en carton pâte où les affamés s’arrêtent quelques instants pour avalés un muff de patates, quelques achards ou un bol de riz, on trouve beaucoup de plats d’influence chinoise ( nems, pates chinoises avec legumes…). Tout ça pour quelques centimes. Sinon il y a les resto à vazaha, que l’on fréquente assidûment, pour manger des brochettes de zébus ou des beignets de crevettes, le must du coin c’est le rhum arrangé offert à la fin du repas.
Je m’initie aux pratiques du coin : ici le long des routes il y des barrages de police partout, quand c’est pas la police c’est l’armée ou la gendarmerie, un soir on rentrait en taxi à la maison et j’avais malencontreusement pas mon passeport sur moi, la police nous arrête, contrôle de papier du taxi et des voyageurs, j’y dis que j’ai pas mon passeport, il m’dit qu’on va devoir aller à la centrale, on li dit y a pas moyen de s’arranger ? 2000 ariary d’argent de poche et on en parle plus (2500 ariary = 1 euro). Je sais pas si l’état arrive à récupérer un kopec des taxes ou des contraventions, car c’est toujours plus facile d’enrichir les policiers et leur supérieurs que de payer les amendes légales.