Impressions premières

Publié le par mayella

Voilà un semblant de blog, quelques nouvelles en vrac :

Ma première sortie dans les rues de Tana fut précédée par quelques appréhensions, comment se comporte cette ville étrange ? les premières impressions sont celles d’un fourmillement intensif, un nombre incroyable de gens s’affairent, transportent, vendent, achètent, tous avec des têtes différentes. Ici on est pas dans la rue juste pour une brève liaison entre 2 activités, on est dans la rue pour y travailler à plein temps. Je suis allée au shoprite pour y trouver de l’anti moustique (satanée putain de moustique qui veulent pas me lâcher la grappe) stupeur et tremblement, il n’y avait pas un chat, juste 2 ou 3 vazahas recherchant les senteurs lointaines des supermarchés de leur patrie. Il faut savoir qu’ici les étrangers s’appellent des vazahas prononcer vaza, bonjour vazaha, bonjour vazaha scandent les enfants sur notre passage. Salam malgaches qu’on leur repond.

Cela s’avère véridique les malgaches ont tous des noms à faire frémir les concepteurs de botins, j’ai pu contempler une fiche de pointage des fermiers à Vohimana et ben il vaut mieux pas avoir à s’en meler parce que le temps de compter si on a pas oublié une syllabe et la nuit tombe, et les ancêtres savent bien que la nuit des sorcières enduites d’huile rodent dans les montagnes, il ne faut donc pas mettre le nez dehors après le crépuscule. Vohimana (prononcer Vohimane le a étant seulement suggéré) étant la foret où je « travaille » . Pour y arriver on prend le taxi brousse jusqu’à Moramangue ( 3h ) puis un autre taxi brousse ou un baché encore plus sommaire et inconfortable (pendant 1h) qui  nous dépose dans un petit village, après ça une marche de une heure nous attend pour arriver au camp des chercheurs donc il aura fallu une journée entière pour faire 150 km; les collines sont parsemées de petites cases de fermiers tout le long de la rivière, de rizières et de bananiers.

J’ai donc travaillé à la plantation de vetiver le long du sentier pour empêcher que ledit sentier ne retrécisse trop et que des torrents de boue ne salissent la rivière, pour cela il a fallu embaucher des paysans, qui travaillent 8h par jour payé 1 euro la journée. On  m’a chargée de « superviser » enfin en gros d’être là pour être sur qu’ils travaillent car ils sont payés la journée et non à la tâche. J’ai eu l’étrange sensation d’être revenu à l’époque colonialiste, le blanc surveillant les travailleurs autochtones. N’ayant pas envie de jouer les contremaitres,  j’allais participer à la plantation quelques heures par ci par là dans la journée. C’est vite fatiguant et vite ennuyant surtout qu’on a eu des bonnes pluies. Heureusement au bout de 4 jours un malgache technicien agricole a pris ma relève et j’ai pu couler des jours tranquilles entre le hamac et la rivière.

Les soirées se passent à boire du rhum au son des grenouilles qui font un bruit d’enfer, je ne pensais pas qu’une forêt pouvait etre aussi bruyante.

Je suis à Tana en ce monment où je peux profiter des joies de la communication internationale; ce soir on va voir un concert de Kalalak, musique à la mode malgache, super rythmée et bien sympathique, la danse consiste à faire en sorte d’avoir des chewing gum à la place des jambes et de les remuer en rythme dans une forme de twist bizaar.

Certains voulaient savoir quelques mots : pour dire bonjour à tana, on dit manaouane (phonétiquement), à vohimana on dit malakoury et on repond salame malakoury, pour dire ça va bien ?  on dit vovo c'est-à-dire quoi de neuf ? on  repond tsy miss c’est à dire rien de neuf.

 

 

Publicité

Publié dans madagascar

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article