Billet 3

Publié le par mayella

Waaaaaaaaa Billet


Pour raisons professionnelles, je suis un jour partie à Wa, une ville au Nord Ouest du pays. Au matin, un chauffeur, une voiture rouge, une station essence, 30 cedis de diesel. La station du SARI (Savannah Agricultural Research Institute) à Wa est modeste. Des techniciens et des conducteurs. Un administrateur. 4 chercheurs. Le bigman Dr. Buah arrive dans son pick up blanc. Salutations………….. Salutations à l’administrateur.

On fait le point dans le bureau du Doc. 3 packages de variétés de riz ont été distribués pour tester des nouvelles variétés directement dans les champs des fermiers. Sing dans la municipalité de Wa, a renvoyé les semences, les champs étaient déjà plantés. 1 package a été planté à Sissala East dans la communauté de Wellembelle. D’après Doc les officiers agricoles du district ne sont pas sérieux, ils ont délivré de mauvais résultats lors des précédents projets. Le SARI ne donne pas d’indemnisation à ces officiers dans le cadre du projet pour lequel je travaille (RSSP), donc qu’ils s’impliquent ou pas, ils ne verront pas la différence. 1 package a été planté à Wa West dans la communauté de Polee. Le bas fond de Polee a été aménagé pour gérer la retenue d’eau dans les champs mais le constructeur n’a pas fini proprement son travail. Il a fait des grandes digues, mais il n’en a pas fait assez.

 

5 producteurs de semences se sont engagés pour produire des semences de 4 variétés de riz pour le projet. Un des producteur est aussi un employé du ministère de l’agriculture, et pas des moindres, il est inspecteur pour l’unité de certification des semences. Il va donc inspecter son propre champ… séparation des pouvoirs…. Il n’ya pas de policiers pour surveiller le policier ici ! Un autre producteur est directeur de district pour le ministère également….

 

Départ pour Polee : l’entrée de la plaine cultivée a été visitée par les chèvres, une partie de la parcelle expérimentale a été broutée, malheureusement ! Les parcelles sont bien vertes, une paysanne désherbe son champ complètement envahi par les mauvaises herbes. Conseil est donné de transplanter pour combler les trous là où la germination a été mauvaise. Les champs ne sont pas inondés encore, fin aout. Les pluies ont été retardées cette année.

 

Retour en ville, on part manger dans un mini resto, qui sert du riz, ou du riz, alors on prend du riz. Avec du poulet, importé.

 

Départ pour Sing, la vallée a été aménagée, avec digues et diguettes pour maitriser la gestion de l’eau dans les parcelles. Un fermier désherbe à la main. L’aménagement du bas fond a été réalisé selon les attentes du projet, sauf le closing bund, la digue finale qui n’est pas assez haute mais qui est sensée retenir l’eau arrivant de l’amont de la vallée. Ce qui constitue un manque à gagner conséquent en termes d’inondation des parcelles. L’année prochaine ce sera parfait. Les paysans ont semé Jasmine 85 sur 20ha. On espère récolter de 2.5 à 3 tonnes de riz par hectare.

On retourne au SARI, backup avec doc, échange de documents de travail. Il veut distribuer des DVDs pédagogiques sur les techniques de culture rizicole, qui ont été traduits dans plusieurs langues locales.

 

Le lendemain, un meeting avec l’équipe de coordination du projet et les délégués régionaux des différents partenaires. Réunion accompagnée par les éternels snack and lunch (crackers ; sodas ; riz au poulet). Et rythmée par les commentaires des participants qui se résument à : frustration, lenteur de la comptabilité, manque de fonds... Il y a même une blague qui circule de réunion en réunion sur le ministère de l’agriculture : ici le nom du ministère est : Ministry Of Food and Agriculture, tout le monde utilise l’acronyme MOFA qui, transformé, donne Ministry of Frustration and Agony ! On croirait entendre les français parler de la SNCF !

 

 

National Service Billet

 

Le service militaire n’est pas obligatoire au Ghana. Le pays porte d’ailleurs avec fierté sa réputation de nation calme, tolérante et sûre, admirée pour sa démocratie stable et fonctionnelle, inégalée parmi ses voisins. Pour garder les jeunes dans le juste chemin du devoir patriotique, ils ont une sorte de service civil qu’ils appellent National Service. Il est obligatoire pour tous les jeunes diplômés d’un Bachelor (Bac+4, qui correspond à notre Bac+3). Ceux-ci sont attachés à une administration ou un institut de l’état pendant un an après l’obtention de leur diplôme. Généralement leur attachement correspond à la spécialité dans laquelle ils ont été diplômés. Ils reçoivent une indemnisation et ça leur permet de prendre le temps avant de chercher un emploi. C’est même souvent une opportunité pour se faire engager ou pour rencontrer des personnes ressources. Le système fonctionne bien, ils acquièrent de l’expérience et parfois se font engager directement par l’organisation où ils ont fait leur service. Un seul hic, ils sont souvent inactifs et attendent patiemment qu’on leur donne des ordres. Le système hiérarchique ne permet pas aux plus jeunes ou aux moins diplômés de prendre des initiatives ou des responsabilités.

Pour illustrer tout ça, il y a par exemple des National Services au MOFA (cf plus haut). Et nous avons 2 jeunes dans l’équipe riz au SARI. Ils ont pratiquement rien fait pendant 4 mois de saison sèche, arrivaient à 10h et repartaient à 12h, sans avoir oublié de signer dans le cahier horaires. Heureusement, ils sont bien occupés maintenant que le riz est dans les champs, mise en place des parcelles expérimentales, suivis de la fertilisation, du désherbage et collecte des données. Et espèrent un emploi au SARI pour l’année qui arrive…..

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Publié dans Ghana

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